Variscan…et les autres

Bref résumé des pratiques des sociétés juniors dans l’industrie minière

« Que vient chercher en France la société australienne Variscan Mines?

Au cours des 2 dernières années, la société australienne Variscan Mines (ex Platsearch NL1) a obtenu 4 PERM (Permis Exclusif de Recherches Minières, ce que dans le jargon anglo-saxon on appelle plutôt « concession ») répartis essentiellement sur le grand ouest de la France.6 nouvelles demandes de PERM ont été déposées par la filiale française de Variscan Mines (Variscan Mines SAS) et sont en attente d’autorisation.
Variscan Mines est une société australienne, enregistrée sur la bourse de Sydney (Australian Stock Exchange, ASX). C’est le cas typique d’une société « junior », c’est à dire une société de taille modeste qui se consacre exclusivement à l’exploration minière. La phase financière actuelle de l’économie à l’échelle globale (c’est à dire le fait que les meilleurs taux de profits sont dégagés à partir d’activités financières plutôt qu’à partir d’activités productives) et les prix très élevés des métaux ont propulsé les sociétés juniors au rang de grands acteurs de la « découverte » de nouveaux gisements, en particulier sur les zones que les mineurs appellent les greenfields, c’est à dire les territoires non concernés par une activité minière industrielle (par opposition aux brownfields, où est déjà installée la production minière). » (William Sacher, 13 juillet 2015.)

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Historique du projet de Variscan Mines

Début mai 2014, nous avons tous appris la nouvelle: des projets miniers vont s’ouvrir en Bretagne comme un peu partout en France…

Variscan Mines Orléans est une SARL créée en décembre 2010 avec des capitaux australiens (800 000€), mais dont le siège social est situé au 16, rue Léonard de Vinci, 45074 Orléans CEDEX 2.

C’est à l’initiative d’un géologue australien que des collègues français, pour la plupart issus du BRGM, se sont lancés dans cette nouvelle aventure minière, aidés en cela par notre ministre du redressement productif, Mr.Arnaud Montebourg dont on connaît la préférence pour le « made in France ».

Pour autant des questions se posent sur les réelles motivations de ce projet.
L’activité minière a été arrêtée dans la douleur dans notre pays il y a une quarantaine d’années. Plusieurs régions, notamment le Nord, ne s’en sont toujours pas remises. Aujourd’hui encore c’est une région sinistrée, au taux de chômage parmi les plus élevés de l’hexagone, dans un environnement et un paysage toujours pas réhabilités.
Cette époque fût celle des dernières grandes grèves qu’ait connues notre pays, mais aussi le tournant idéologique de nos représentants politiques.
Les idées néo-libérales anglo-saxonnes se sont imposées à l’ensemble des pays européens. S’en ai suivi la privatisation des grandes entreprises, mais surtout la dérégulation de l’économie et de la finance.
Ce qu’on appelle aujourd’hui « la mondialisation », est le fruit de cette idéologique.

Pourquoi exploiter des richesses naturelles avec une main-d’œuvre couteuse alors que dans les pays en voie de développement, des états accommodants vous offrent des retours sur investissements colossaux ?
Le pillage des pays pauvres s’est donc industrialisé à son tour, mais le partage des richesses n’a pas eu lieu. Les grandes compagnies minières se sont enrichies, cependant les populations sont restées parmi les plus pauvres de notre planète (Afrique, Indonésie, Amérique du Sud) les laissant dans un environnement fortement dégradé et pollué.

Aujourd’hui la donne a changé. Les puissances émergentes sont devenues gourmandes en énergie et en matières premières. La Chine, l’Inde ou le Brésil ont su développer leur industrie au point de remettre en cause la suprématie des anciennes puissances industrielles « occidentales ».
Les cours des minerais ont considérablement augmenté. Juste retour des choses les victimes du pillage font désormais jouer la loi de l’offre et de la demande à tel point que les multinationales occidentales sont aujourd’hui dans une compétition farouche avec les compagnies chinoises, indiennes…

Tout cela pour dire que l’on est loin de la présentation angélique de ces nouveaux projets miniers en France et en Europe. Il nous faut comprendre le fonctionnement de ces compagnies minières qui n’ont qu’un seul but: être le plus rentable possible et ceci par tous les moyens ! L’intérêt des populations n’est pas et ne sera jamais leur priorité. Quant à la protection de l’environnement c’est un « gros mot » que le prochain traité de libre échange transatlantique (TAFTA) supprimera du vocabulaire!

A lire aussi une interview de Jack Testard dans le journal de l’environnement: Carnet rose dans le monde des minerais, minéraux et métaux

A nous d’être vigilant et de nous renseigner sur les compagnies minières susceptibles d’exploiter les sous-sols de notre région.
Voici une liste de ses compagnies minières:

BHP BILLITON, (Australie)- plus d’infos: ici;

Rio Tinto, (Anglo-austrlalienne)- plus d’infos: ici;

Anglo American, (Grande-Bretagne)- plus d’infos: ici;

ERAMET, (française)- plus d’infos: ici;

Comment travaillent-elles dans le monde? Dans quels pays sont-elles implantées? Quels dégâts environnementaux et sociaux ont-elles causés? Qui sont les principaux actionnaires? Voici quelques questions que nous pouvons nous poser.

S.D.

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